Les nuages: un rôle qu'il ne faut pas sous-estimer !



Ces dernières années, les chercheurs ont démontré que les nuages sont une des principales variables dans le système climatologique de la Terre. Le climat est très sensible à de petits  changements nuageux (~10 à 30 %).
Cette sensitivité est très importante quand on essaie de comprendre les effets de l'activité humaine sur l'environnement, et les répercussions en découlant sur le climat terrestre. Selon l'effet de ces changements, la formation des nuages peut en être affectée, et leur action sur notre climat peut être modifiée.

Dans la très sérieuse revue Futura Planète, Yves Fouquart enseignant Chercheur Physique explique clairement quelques aspects sur le rôle des nuages et leur influence sur notre écosystème.

"Les nuages jouent un rôle de tout premier plan dans le système climatique. En premier lieu, c'est bien grâce à eux qu'il y a des précipitations mais leur influence sur le rayonnement est considérable. Ils influencent à la fois le rayonnement solaire et le rayonnement infrarouge thermique, celui que la Terre émet à son tour.

Les nuages absorbent peu le rayonnement solaire mais ils le diffusent très efficacement à toutes les longueurs d'onde et c'est pourquoi ils apparaissent blancs. Ils réfléchissent ainsi vers l'espace une partie du rayonnement solaire qui peut être très importante: leur réflectivité est variable mais souvent élevée et elle peut atteindre celle de la neige fraîche (environ 80%).

L'influence des nuages sur le rayonnement infrarouge est peut-être un peu moins évidente à première vue mais elle est tout aussi importante. On sait bien que les nuits les plus froides sont les nuits claires, cela est dû au fait que la surface qui n'est plus chauffée par le soleil perd de la chaleur par émission de rayonnement infrarouge thermique. Lorsque des nuages sont présents, ils font écran à cette émission et isolent donc la surface qui perd moins de chaleur. Les nuages ont donc un effet de serre qui peut être très important. En augmentant l'albédo de la planète, ils diminuent l'énergie solaire absorbée et ils ont tendance à la refroidir mais, par leur effet de serre, ils ont, au contraire, tendance à la réchauffer. Il y a donc compensation entre deux effets de grande amplitude mais cette compensation n'est pas totale.

L'effet d'albédo des nuages est maximum quand la surface au-dessous est peu réfléchissante car, dans ce cas, le contraste est maximum. C'est le cas au-dessus de la mer: typiquement, la réflectivité de la mer dépasse rarement 5 à 6% sauf dans la direction dite spéculaire c'est-à-dire celle de la réflexion sur un miroir, le contraste avec la réflectivité des nuages est donc considérable même pour des nuages modestes.

L'effet de serre des nuages dépend de leurs caractéristiques et du contraste de température qu'ils présentent avec la surface. Ils ont une grande opacité au rayonnement infrarouge thermique et, sauf dans le cas des plus minces d'entre eux, on peut les assimiler à des corps noirs, c'est-à-dire qu'ils absorbent la totalité du rayonnement infrarouge qu'ils reçoivent et qu'ils émettent tout ce que leur température leur permet. L'effet de serre est donc d'autant plus important que le nuage est froid. Ce sont donc les nuages les plus hauts qui ont l'effet de serre maximum. (A l'inverse, "vu de la surface" et non plus "vu de l'espace", ce sont les nuages bas qui ont l'effet de serre le plus important: ce sont eux qui émettent vers la surface le rayonnement le plus grand.)"

Dans un article récent de Laurent Sacco journaliste à cette même revue Futura Planète, sous le titre « Réchauffement climatique : vers la disparition des nuages et 13 °C de plus ? », sont évoqués les risques sérieux d’un accroissement de la température planétaire d’ici la fin de ce siècle.
En effet, un paramètre important ne semble pas avoir été pris en compte lors des différentes analyses et synthèses concernant le développement du dérèglement climatique.
«Trois climatologues californiens ont découvert une instabilité du climat de la Terre passée jusqu'ici inaperçue. Si l'humanité continue ses émissions de gaz carbonique sans frein, à l'horizon 2100, une brusque disparition de la couverture nuageuse au-dessus des océans fera bondir les températures. Celle de la Terre en moyenne gagnerait alors 13 °C de plus. Ce qui sera dévastateur. »
Dès lors, en admettant que l’évocation de ces trois climatologues représente une réalité envisageable, l’on peut considérer que l’humanité s’en trouvera passablement affectée, et même que sa disparition peut être envisagée.
Enael (Exclusivité CMAM)


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